Qu’est ce qu’être en résidence à Stains ?Le principe de résidence Une résidence à Stains consiste à mettre à disposition d’artistes un lieu pour une durée déterminée (12 mois), afin qu’il y effectue un travail de recherche ou de création dénommé : Les BonsLieuxZArts. Il s’agit à l’origine d’un projet de la ville de Stains dans le cadre de "Politique de la Ville" afin de permettre des temps de résidence à des artistes plasticiens, au cours desquels l’accent est également mis sur la sensibilisation, l’initiation et l’apprentissage vers des publics amateurs, de toutes origines et générations confondues. |
Rencontres avec un territoire et ses habitants
La dimension de contact, de rencontre et d’immersion de l’artiste dans un territoire le plus souvent nouveau et inconnu -certains lieux en font une exigence- est apparue dans les débats tour à tour comme une justification de la part des élus, une nécessité ou un simple corollaire. « La résidence est un merveilleux outil de sensibilisation à l’art contemporain et de prise de conscience de l’identité d’un territoire habité. » ( Stéphane Doré, Conseiller pour les arts plastiques de la région Centre). Dans de nombreux cas, le travail de l’artiste se fonde sur une découverte et une enquête à partir des lieux, la ville par exemple, son patrimoine et ses habitants. C’est le cas d’artistes photographes invités au Musée du Touquet, dont le conservateur Patrice Deparpe a relaté le caractère avant tout humain des rencontres nouées autour de la résidence, censée sans jamais se départir de distanciation critique et d’exigence artistique, créer « du lien social ». Si ce dernier a bien précisé que l’artiste ne devait pas se substituer au médiateur, et qu’il appartenait à l’institution de jouer ce rôle, on notera une possible dérive de la part d’autres structures très justement évoquée dans la publication qui a accompagné ces deux journées (2). La notion d’interface sociale revient comme un lieu commun et témoigne d’une forte attente des politiques et des institutions à l’égard de l’artiste. Sa présence prolongée sur un territoire nourrit souvent en effet un réel partage et favorise une démocratisation de l’accès à la culture. Néanmoins, il faut rester vigilant, comme le souligne Cédric Loire dans la publication annexe, à ce que, « l’accueil d’artiste ne soit pas un moyen commode de justifier l’existence et la pérennité d’une structure », et à ce que l’artiste ne devienne pas un « pansement social », « alors qu’il se trouve souvent lui-même dans une situation précaire ».
Paroles d’artistes
Les conditions de résidence s’avèrent multiples et inégales quant au soutien apporté aux artistes. Parfois desservis par un cahier des charges au contenu irréalisable ou trop flou, les termes de l’échange ne sont en outre pas toujours contractualisés, ce qui rend alors tout recours juridique difficile. Les thèmes et problématiques abordés lors de ces journées ont témoigné d’un vrai souci d’équité dans la représentation et l’accès à la parole de toutes les parties intervenant dans la résidence, tout en prodiguant une écoute et des conseils particuliers aux artistes dont la défense des droits était à l’honneur. Souvent isolés dans leurs questionnements et parfois évincés de débats qui les concernent pourtant, des ateliers spécifiques leur ont été consacrés, dont un animé par un avocat. Ils ont ainsi eu l’occasion de s’exprimer sur cette expérience enrichissante autant que sur les difficultés artistiques et matérielles traversées, ou encore de poser des questions relatives à leur statut.
Le point fort de ces rencontres demeure la qualité d’écoute et de dialogue instaurée entre les partenaires. Le projet de création d’une charte de résidence a d’ailleurs été évoqué. On regrettera néanmoins le survol un peu rapide de problématiques proprement artistiques soulevés par les résidences dans un contexte d’échange et de circulations artistiques mais aussi de nouveaux enjeux liés à la pluralité des pratiques contemporaines. En attendant, on ne peut que se féliciter d’une mobilisation sérieuse autour de la question malgré un assez faible relais médiatique. Toutefois, pour ceux qui souhaiteraient de plus amples informations, l’intégralité de ces rencontres sera très prochainement en ligne, dans la rubrique « les sentiers de la création » sur le site de France Culture.com.
Flore Poindron le 15 avril 2005
La Pomme à tout faire 9 rue des Agaches - Arras (62)
1- En présence de Marie-Thérèse François-Poncet, administratrice de l’association Pollen à Montflanquin, Philippe Massardier, directeur Culture de la Communauté d’agglomération de l’Artois, et Francis Trincaretto, élu et président de l’association Idem + arts à Maubeuge.
2- Résider- Résidences d’artistes plasticiens en Nord / Pas de Calais, Pays de la Loire et Dordogne, Points de vue, édition la Pomme à tout faire, 2005.
source : art-contemporain.com/index.html